mercredi 12 décembre 2012

Sophie Boilley : "dans le biathlon, j'aime le surpassement de soi nécessaire en ski et la maîtrise mentale nécessaire au tir"


La saison dernière, Sophie Boilley a fini 34e du classement général de la Coupe du monde de biathlon. A son palmarès : 4 tops 20 en individuels et surtout 2 victoires et 4 podiums en relais en équipe de France, avec qui elle a aussi été vice-championne du monde. 
Elle fêtera ses 23 ans mardi prochain. En attendant, elle participe à une épreuve de Coupe du monde, la dernière avant les fêtes, en Slovénie, à Pokljula.

Début octobre, je l'ai rencontrée à la journée presse de la fédé de ski. Interview.


© P. Leroy

Tu as de bons résultats en relais… L'équipe, ça stimule ?
Oui, parce qu'on est davantage que des collègues. On se côtoie de 150 à 200 jours par an. D'ailleurs, on forme une équipe mixte, parce qu'on passe tout notre temps avec les garçons. Cela fonctionne bien. On est soudés, on développe une bonne ambiance de travail… Ça se ressent sur les relais : on a vraiment envie de les faire ensemble.

En individuel, tu avances avec les JO de Sotchi en ligne de mire ?
Oui j'y pense, c'est un gros objectif. Plus : un rêve. Cela motive mon entraînement, où je vais avec beaucoup d'envie. L'an dernier était ma première année en senior, j'ai pris mes marques. Cette année, je veux consolider mes performances pour arriver au top en 2014. Mais les JO, ce sera une course d'un jour ! Il y a tellement de facteurs, le vent, la neige, qu'il est impossible de viser une place…  

Tu as regardé les JO d'été ?
Oui et cela a contribué à mon rêve ! J'ai suivi le VTT, par exemple… 

Le biathlon est toujours un sport très attendu, les gens espèrent des médailles dans les grandes compétitions. Ressens-tu cette pression ?
Je ressens l'attente des gens en relais, mais elle reste positive pour l'instant. Je suis stressée mais ça m'aide. L'émulation est efficace : je réussis mieux ! En individuel, en revanche, je ne ressens pas cette pression. La seule contrainte, c'est de faire de mon mieux.

© www.sophieboilley.com
Comment as-tu débuté ?
Je suis à la base passionnée de sport par ma famille. En 6e, j'ai intégré le collège sport-nature, section biathlon, à La Chapelle-en-Vercors, le village de Raphaël Poirée. C'était un peu pour suivre les copains. Mais j'ai vite aimé ça : le mélange entre la glisse et l'endurance, le surpassement de soi nécessaire en ski, la maîtrise mentale nécessaire au tir, comment se calmer, se concentrer au milieu d'une course, ne plus penser à rien…

Quelles qualités possèdes-tu pour ce sport ?
D'un point de vue technique, mon meilleur atout est le tir debout. Sinon, je suis une fonceuse. Et aussi, je m'amuse, je prends du plaisir ! 

Les voyages, les nombreux déplacements, ça t'amuse aussi ?
C'est une vie de privilégiée. Mais ça ne signifie pas tout le temps la belle vie. Cela fatigue aussi, on a besoin de beaucoup de repos en fin de saison. On passe notre temps dans les hôtels, loin de la maison, séparés de nos proches. Parfois c'est dur. Et heureusement il y a des grandes joies, de grandes rigolades avec les copines !

1 commentaire:

  1. J'ai toujours trouver le biathlon comme un sport vraiment complet dans l'état d'esprit et le physique... et cet interview me donne raison.

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