dimanche 11 novembre 2012

Plongée dans le Dean's blue hole avec Morgan Bourc'his : "l'obscurité incite à être concentré sur soi…"

© Suunto Vertical Blue


© facebook G. Néry
Les apnéistes français Guillaume Néry et Morgan Bourc'his viennent d'arriver aux Bahamas pour une compétition qui se déroulera du 20 au 30 novembre. 
Le "Suunto Vertical Blue 2012" rassemblera plus de 50 plongeurs de 21 pays, hommes et femmes, les meilleurs du monde. Ce rendez-vous marque la fin de saison. Son vainqueur empochera une prime de 20 000 dollars, la plus forte jamais décernée dans ce sport ! Attention, ça risque de plonger très très profondément… Records en vue ?

L'intérêt de cette compétition, c'est surtout le lieu où elle se déroule. Le Dean's blue hole, ou "trou bleu de Dean", situé dans une baie proche de Clarence Town, capitale de Long Island, l'une des îles de l'archipel. Un "trou bleu", c'est un gouffre vertical dans la mer, une grotte immergée, un puits naturel… Celui des Bahamas est le plus profond du monde : 202 mètres.  
DR

© Morgan Bourc'his



© Morgan Bourc'his
Morgan Bourc'his a déjà plongé dans le Dean's blue hole, pour les Mondiaux 2009. Il a accepté de me livrer ses souvenirs et ses photos, avant d'y faire son retour…

Comment accède-t-on au Dean's blue hole?
Très facilement. Un chemin depuis la route principale y mène en quelques minutes. Il est très bien signalé. On parvient à une belle plage protégée par une petite falaise en arc-de-cercle, comme une virgule. Au commencement de celle-ci, se trouve le trou bleu en question.

Une fois au bord, c'est vertigineux ?
Ce n’est pas très grand mais on comprend que ce gouffre descend très profond. Cette sensation est renforcée par des colonnes de sable qui y tombent régulièrement telles des cascades. A l’automne, l’eau est encore à 25-26°C.
D’après les schémas réalisés suite à des explorations du site, ce trou a la forme d’un sablier asymétrique. La partie basse étant plus grande et plus large que la partie haute par laquelle on pénètre. Il y a des galeries qui communiquent avec la mer à certaines profondeurs.

Te souviens-tu de la première fois que tu y as plongé ?
Ma première plongée était empreinte d’attention et de mystère. Mais je me suis très vite adapté à l’endroit. Je l’ai même beaucoup apprécié.

Quelle est l'impression créée par l'obscurité ?
Personnellement, j’ai apprécié l’obscurité grandissante au fur et à mesure des descentes effectuées. Elle m’a incité à être d’avantage concentré sur moi-même, elle avait un effet très contenant. 

© Morgan Bourc'his
Comment est-ce aménagé pour les plongeurs ?
Il y a très peu d’aménagement. Seul un ponton de quelques mètres carrés siège au milieu, sur lequel sont fixés une potence avec le câble de performance et d’autres pour les échauffements.

Que voit-on le long des parois ? 
Il y a quelques petits poissons tropicaux sur les bords, mais aussi d’autres plus imposants à l’intérieur. On les nomme des tarpons. Ce sont de très vieux poissons, quasiment préhistoriques, qui peuvent mesurer entre 1m et 1,50m, recouverts de grosses écailles et à la tête relativement peu sympathique… Mais ils sont complètement inoffensifs. J’ai vu des photos d’un poisson-scie d’environ 3m.
Les parois sont assez pauvres, on y rencontre quelques algues.

Qu'éprouve-t-on quand on débouche dans la partie plus large ?
Etant donnée que l’obscurité apparaît très vite, on ne se rend pas bien compte que l’on pénètre dans la partie la plus large. Pas d’immensité naissante d’un seul coup. Pourtant la partie basse mesure 100m de diamètre.

C'est impressionnant ?
Très impressionnant. Mais fascinant en même temps. Cela peut être dangereux pour des baigneurs pas bons nageurs qui s’aventureraient là… Il est conseillé aux familles de bien surveiller leurs enfants. Après, il n’y a pas plus de risque qu’une plongée qui se déroulerait en pleine mer à Marseille ou à Nice.

A l'idée de retourner là-bas, tu ressens quoi ?
J’espère retrouver les mêmes sensations, et j’avoue que je suis très impatient d’y retourner pour descendre encore plus profond avec des objectifs ambitieux.


Guillaume Néry y a déjà plongé aussi. Il y a même tourné, avec sa compagne Julie Gautier, le sublimissime Free fall, dont on ne lasse pas.
© Free Fall - Néry

                                   

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