vendredi 19 octobre 2012

Jean-Baptiste Chandelier : il marche et il vole en même temps


 au Danemark pour Light Line © Louis Garnier www.louisgarnier.com
A 27 ans, Jean-Baptiste Chandelier, le héros du film Light Line, est un veinard : il a réalisé ses fantasmes d'enfant.
« Je rêvais de voler. Je voulais être comme Superman ou Dragon Ball Z… A 18 ans, je me suis inscrit dans une école de parapente à côté de chez moi. Je suis tombé amoureux de cette discipline, la plus libre, loin des cadres imposés par l'aviation ou les vols motorisés. »

Le jeune homme a fait du parapente toute sa vie. Un métier, d'abord : il est concepteur et pilote d'essai pour Dudek, une boîte polonaise qui vend des voiles de voltige et de speedriding. Il a aussi été, un temps, moniteur. Et enfin, il pratique le vol acrobatique, où il a le niveau du gratin mondial même s'il ne participe pas aux compétitions. Mais comme si tout cela ne suffisait pas, Jean-Baptiste a cherché une autre façon de voler.  
« Pour beaucoup, le “parapente“ n'a que deux facettes : d'un côté le cross-country, la longue distance, et de l'autre la voltige. Moi j'ai beaucoup réfléchi pour sortir de cette alternative. »

Jean-Baptiste a donc inventé une nouvelle discipline qui consiste à voler à moins de 150 m de haut, en laissant traîner ses pieds sur le relief… Il appelle cela "vol de proximité". Un collègue m'a suggéré "parapieds", ça le fait aussi!
« Je m’amuse davantage à voler bas qu’à 3000 m de haut dans une vallée où rien ne se passe. Quand mes pieds touchent une maison, un phare, une barrière… j’ai l’impression de sautiller comme Peter Pan. Ou alors je glisse dans le sable… La sensation de déplacement est plus forte. Je me sens léger, je flotte dans l’air, comme Armstrong sur la Lune, en apesanteur ! »
© capture du film Light Line
Pour réaliser ce type de vol, il faut des conditions adéquates, très souvent sur le littoral. 
« Pour voler si près du sol sans tomber, j’utilise une “vague” d’air. Il me faut un vent doux, lisse, régulier, de 15 à 30 km/h, qui vient de la mer. Il se cogne contre le relief et remonte. Moi, je décolle de la dune et je suis donc porté par ce courant ascendant. »

Il existe des "spots" au Pérou, au Chili, au Danemark… et même en France avec la dune du Pyla, un bac à sable pour adultes que JB apprécie beaucoup. Il a aussi aimé des vols au Maroc. Mais profite-t-il réellement de la beauté du cadre, en vol ?
« Honnêtement, je n'ai pas l'âme d'un contemplatif ! Je regarde le décor 2 secondes et ça me suffit. Moi ce qui m'intéresse, c'est la technicité, la sensation physique. Mais au Danemark, pour Light Line, on a tourné au moment du solstice d'été et c'était impossible de ne pas succomber aux lumières incroyables de soleil couchant, jaunes, rouges… »
© capture du film Light Line
En général, JB repère les lieux sur google earth avant. Il a aussi de bonnes connaissances de météo et d'aérologie pour sentir le vent, cet élément invisible…  
« C'est particulier, en effet, d'évoluer dans un milieu qu'on ne voit pas. Mais l'expérience permet d'anticiper les conditions. Alors voler n'est plus si difficile. D'ailleurs, tant qu'il y a de l'air dans le bon sens, on peut rester en vol des heures ! Personnellement, j'aime tellement décoller, me poser, décoller, me poser à nouveau… que je fais seulement des vols de 1 à 2 heures. »

A le voir rebondir aussi naturellement sur les éléments, on imagine Jean-Baptiste grand gymnaste. 
« En fait, c'est un sport de fainéant ! Les parapentistes se préparent peu physiquement : ils n'ont pas des corps de bodybuilders ! Moi, je fais du trampoline et de la slackline. Même si ça me sert pour mon sens de l'équilibre et la maniabilité de la voile, je pratique ces activités non pas pour m'entraîner, mais pour mon plaisir. »
au Chili © Gill Schneider 
Le plaisir et le partage semblent les maîtres-mots de JB.
« Peu de gens dans le monde font des vols de proximité comme moi. Aucune compétition n’existe. Mon objectif ? Montrer aux gens, surtout aux non-parapentistes, ce qu’il est possible de faire en parapente. Leur dire : on peut voler quand on en rêve ! C'est l'unique but de mes vidéos. Je ne les fais pas pour concourir dans des festivals. Je déteste la paperasse - je suis déconnecté de la réalité sur certains trucs ! - alors remplir les dossiers de candidature m'ennuie. Diffuser mes films sur Internet, avoir suffisamment de succès pour garder mes sponsors… c'est tout ce qui compte. Moi, je veux juste voler et embarquer les gens avec moi. »


Merci à Jean-Baptiste pour l'interview. Retrouvez-le sur son site officiel.
Un énorme merci à Louis Garnier pour m'avoir autorisé la publication d'une de ses magnifiques photos gratuitement ici. 
Une version très courte de cet interview sera publiée la semaine prochaine dans le journal Le Petit Quotidien (pour les 6-9 ans) : www.playbacpresse.fr.






5 commentaires:

  1. super les vidéos elles font rêvé quand aux commentaires ils très justes félicitations aux deux

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  2. Ca fais rever je vais passer ma licence de parachute mais le parapente minteresse beaucoup ce que tu fais est vraiment enorme tu prend du fun est tu vend du reve ca me plairai de faire la meme chose alors je v peu etre me lancer dans le parapente !!!!!

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  3. Simply a master class of skill and imaginative video production!

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  4. Une interview d'une personne simple qui réalise son rêve... Discipline très originale.
    Cela donne des vidéos vraiment agréables, mais on sent qu'il connait son domaine et qu'il maitrise tous les aspects de la voile...

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  5. Bonjour,
    je suis un "papy" parapentiste, j'ai commencé à 56 ans.....j'en ai 66 et chaque vol que je fait, c'est comme si c'était la 1ère fois.Je regrette que j'ai commencé si tard....mais petit , je rêvais que je vollais comme Peter Pan....et ce rêve est devenu réalité.J'adore ton style...tu uses combien de godasses par an !!!!!Si un jour tu viens voler en Belgique ( Coo par exemple ) fais moi signe,
    j'ai envie de voler comme toi.....tu vois tu m'as fait réver et à mon âge ça vaut de l'or.Bons vols , longue vie à toi et continue à nous faire partager ta passion qui est aussi la mienne
    Polo ( de Liège)

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