mercredi 31 octobre 2012

Alexis Pinturault, skieur lucide : "on ne va pas perdre la boule dès qu'on commet une faute"


Le skieur Alexis Pinturault a confirmé aujourd'hui sur son site Internet qu'il participerait le 11 novembre au premier slalom de Coupe du monde de la saison, à Levi (Finlande). Ce sera son retour à la compétition après 3 mois de soins pour une blessure à la cheville. Il n'aura donc manqué que le géant d'ouverture à Solden (Autriche) la semaine dernière.

sous les lumières roses du pavillon Gabriel © P. Leroy
J'ai rencontré Alexis lors de la journée presse de la fédé. Je m'en étais fait une montagne ! L'an dernier, pour sa première saison complète, il a fini 10e meilleur skieur du monde. 
A son palmarès : 6 podiums dans 5 disciplines (slalom, géant, super G, combiné et parallèle - c'est-à-dire toutes sauf la descente), 6 autres classements en top 10, une 4e place de la Coupe du monde de géant… 

Son image de skieur talentueux s'accompagne dans ma tête des superlatifs lus et entendus de nombreuses fois : étoile montante, prodige, pépite… Je me souviens même avoir lu que Ted Ligety, Américain spécialiste du géant, avait déclaré : « c'est effrayant de le voir skier ». Et puis, il y a ce surnom « la Pinte ». Tout cela semble très impressionnant.

Pavillon Gabriel, Paris, 8 octobre. Je ne sais pas trop ce que j'imaginais mais je suis surprise. Le jeune homme qui se présente devant moi, en casquette, a plutôt une bouille juvénile et l'allure cool. Un coup d'œil sur ses mensurations : 1,80 m, 80 kilos, quand même… et sur son âge : 21 ans. Voilà, Alexis est tout jeune !
Interview.


© capture du site www.alexispinturault.com
Cette blessure à la cheville, ça t'a
contrarié ?
Je me dis que ça fait partie de notre sport, qu'il faut faire avec, et rebondir ! Et puis la rééducation s'est bien passée, plus vite que prévu. On la freine plutôt que l'accélérer… Tout va bien, je n'ai pas perdu ma musculature.

Quels seront tes objectifs cette saison ?
Principalement les Championnats du monde (ndlr: de Schaldming, en Autriche, en février). Je serai alors, normalement, en pleine possession de mes moyens.

Vitesse, technique, tu es polyvalent. Pourquoi ? Ce n'est pas si fréquent, en France…
C'est vrai, à une période, la Fédération poussait vers la spécialisation. En général, à un certain âge, on regarde si on se sent mieux dans telle ou telle discipline, et on la choisit… Moi, j'ai toujours refusé de sélectionner. 

Y a-t-il quand même des disciplines que tu préfères ?
Pour les résultats, le géant et le slalom. C'est là que je m'exprime le mieux. Mais pour le plaisir ressenti, je n'ai aucune préférence. J'aime le slalom pour les virages, le contact avec les piquets, l'enchaînement des actions… Le géant, pour les belles pistes avec de longues courbes. La descente, c'est vraiment pour la sensation de vitesse. Et le superG, pour la capacité de contrôle qu'il exige. 

© capture du site www.alexispinturault.com

Aux JO de Sotchi en 2014, tu penses t'aligner sur toutes ces disciplines ?
Oui j'aimerais être partout. C'est raisonnable d'envisager le slalom, le géant et le superG. Le plus difficile, ce sera d'être sélectionné en descente.

Tu envisages comment, concrètement, les 15 mois de préparation jusque là ?
On ne va pas tenter l'inconnu. On va garder la méthode d'entraînement actuelle, puisqu'elle marche. On décalera simplement le programme pour que mon pic de forme tombe juste le jour J.

As-tu regardé les JO d'été de Londres ?  
Comme je me suis blessé fin juillet, j'étais immobilisé dans mon canapé juste à ce moment-là… Donc oui j'ai beaucoup suivi !

© capture du site www.alexispinturault.com
Qui t'a le plus marqué ?
Teddy Riner, parce qu'il a annoncé qu'il gagnerait et qu'il a été sacré à la fin. Usain Bolt, parce qu'il entre dans la légende. Tony Estanguet, fabuleux. 
Tu en tires des leçons pour toi ?
Pas vraiment. Notre sport est tellement différent ! On ne contrôle pas tout, une faute peut survenir en une fraction de seconde. C'est comme Julien Absalon, très attendu en VTT et victime d'une crevaison. Il perd sur souci matériel. Nous, c'est encore pire ! Mais ça se travaille… On ne va perdre la boule dès qu'on commet une faute. Si on manque une première manche, on tente de se rattraper dans une deuxième manche de folie.

Ça se travaille… psychologiquement ? 
Oui, je l'ai fait à une époque. Mais je ne le fais plus. Pour le mental, le travail fait avec mon entraîneur me suffit pour le moment.

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