samedi 8 septembre 2012

Son amoureux vit l'ivresse des profondeurs, elle le raconte dans un film

Julie et Guillaume
Julie Gautier a 32 ans. Elle est en train de réaliser un court-métrage, appelé Narcose… Un projet qui mèle les amours de sa vie : l'apnée,  l'image et Guillaume Néry, son compagnon depuis sept ans. Récit.

Ses premières plongées ont lieu à La Réunion, son île natale. Dans le sillage de son papa, dont c'est le hobby, Julie Gautier pratique la chasse sous-marine. Plus tard, à 19 ans, elle découvre l'apnée. « Après avoir rencontré Guillaume, j'ai commencé à faire de la compétition et à battre des
records ».
Julie devient recordwoman de France avec une profondeur de 68 mètres en poids constant.

 
Une autre rencontre marque son destin : le photographe et metteur en scène Grégory Colbert, créateur de l'exposition nomade Ashes and snow. « Il m'a contacté pour des photos sous-marines et j'ai été son modèle, raconte Julie. Donc c'est là que j'ai fait mes premiers pas dans le monde de l'image et de la vidéo… Moi j'avais suivi des études de Staps et un masters d'aquaculture, autant dire que ça n'avait rien à voir avec une école de cinéma ! »

L'imagination visuelle naissante de Julie va rapidement être nourrie par les confidences que lui fait son compagnon Guillaume Néry à propos de ses narcoses. La narcose est aussi appelée l'ivresse des profondeurs. Un excès d'azote provoque ce trouble du système nerveux lors des descentes profondes en apnée. « Un jour, Guillaume s'est mis à me raconter précisément ce qu'il voyait pendant ses hallucinations. Moi, j'ai immédiatement interprété ça en images dans ma tête… mais ça a germé pendant 4 ans dans mon esprit. L'an dernier seulement je me suis lancée dans le projet d'un court-métrage sur ce sujet ».
Pour oser se lancer, il a fallu un déclic à Julie. Ce fut un miracle, une vidéo magique appelée Free fall, sortie fin 2010, déjà vue par plus de 12 millions de personnes sur youtube.
« L'été 2010, on était aux Bahamas. Guillaume m'a mis la caméra dans les mains. Je n'avais jamais filmé ! On a fait des images dans le Blue Hole, un puits naturel. On les montait le soir, lui avec ses connaissances techniques, moi avec mes critiques. Le lendemain, on repartait tourner ce qui nous manquait. Free fall a été spontané, artisanal, presque comme un film de vacances ! Mais j'ai adoré ce travail créatif, rechercher des idées sur les plans… »



Le succès public et médiatique de Free Fall provoque un électrochoc chez Julie. « D'abord, il m'a ouvert beaucoup de portes dans le milieu du cinéma, un monde à part auquel j'étais complètement étrangère. Et surtout, il m'a donné confiance. » Poussée par son ami chef-op
Jacques Ballard, Julie attaque alors son projet Narcose. Elle écrit le scénario avec une amie journaliste, Caroline Audibert

En 2011, elle tourne une première scène : un mariage sous-marin. « Guillaume m'avait confié qu'il nous avait vus nous marier dans ses hallucinations… Moi j'ai imaginé la cérémonie dans l'eau ! » Réussir cette première séquence était essentiel pour Julie : « C'est ce premier pas qui me faisait le plus peur. Or, j'ai vu que l'équipe s'amusait. Et que le rendu sur pellicule correspondait à ce que j'avais inventé dans ma tête. Ça m'a rassurée et ça m'a permis de poursuivre avec une certaine euphorie. »

Après une grossesse (Julie et Guillaume ont eu une petite fille), 2012 marque l'étape de la concrétisation. Julie cale son projet, mobilise une équipe (Jacques Ballard devient son chef.op), prévoit son budget et… affronte les galères : «2 semaines avant le tournage, la boîte de production qui devait me fournir le matériel m'a lâchée ». Julie fait, avec le teaser ci-dessous, un appel aux dons sur Ulule, un site où c'est le public qui finance des projets. Finalement, le tournage a lieu comme prévu début août. Guillaume Néry en est l'acteur principal. « Il n'y a alors plus eu de merdouilles, rigole Julie. Ça s'est passé avec une simplicité exemplaire ! »


Prochaine étape : le montage. Ce sera en octobre, avec Jérôme Lozano. « Je ne suis pas stressée mais je veux faire quelque chose de bien », affirme Julie. Le court-métrage durera de 8 à 10 minutes. Il devrait concourir dans les festivals de cinéma avant une diffusion sur Internet et, probablement, à la télévision. « Il racontera l'histoire d'une plongée avec ce que cela représente côté performance, mais aussi côté sensation… Par flashs, on suivra le voyage intérieur de Guillaume. En fait, Narcose, ce sera le ressenti de Guillaume vu par mon imaginaire à moi », précise la réalisatrice.



Facebook de Narcose : http://www.facebook.com/narcosebluenery
Merci à Julie pour sa gentillesse et pour l'utilisation des photos. © Jacques Ballard.

1 commentaire:

  1. Voilà qui devrait donné un court métrage magnifique sur cette discipline hors norme... une bonne façon de la faire connaitre du grand public

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