lundi 30 juillet 2012

Yannick Agnel et les "propulseurs invisibles"

septembre 2011 à Paris ©P. Leroy

Au micro de Nelson Montfort, après son titre sur 200 m nage libre à Londres, Yannick Agnel a remercié ses supporters de twitter et facebook : ce sont ses "moteurs", ses "propulseurs invisibles", a-t-il dit… Anecdotique, à la sortie d'un bassin où l'on vient d'être champion olympique, de faire référence aux réseaux sociaux ? Non. J'ai l'impression qu'il s'agit d'une preuve de son humilité, qui est sa qualité majeure, et de son lien avec la réalité.


Dunkerque 2012 © P. Leroy
Yannick Agnel nage environ 15 kilomètres par jour à l'entraînement. En 2010, il a été champion de France en maillot de bain, quand tous ses concurrents portaient les fameuses combinaisons (interdites depuis). Il poursuit des études (une école de commerce), aime la politique, chante du Barbara et cite Victor Hugo quand d'autres nageurs ne parlent que de longueurs… Il brille dans les bassins depuis 2 ans. Il fait partie d'une grosse écurie marketing : EDF et a de gros sponsors comme Nabaiji. Et aujourd'hui, en 2 titres olympiques en 24 heures, il crée l'emballement des médias qui lui prédisent un avenir de "roi de la natation française". 
Cette vie de sportif de haut niveau - les voyages, les sollicitations, les avantages, l'adréaline - n'est pas une vie tout à fait réelle… C'est un monde virtuel qui, même s'il ne dure qu'un temps, peut monter à la tête. Yannick ne semble pas s'y enfermer. Le seul endroit où Yannick se montre extra-terrestre, c'est dans l'eau. Le reste du temps, j'ai l'impression qu'il demeure un Terrien bien ancré dans le sol. Sur les réseaux sociaux, il revendique sa normalité de jeune homme de 20 ans. Il y partage ses goûts (Justice en musique, par exemple), des clips (Gainsbourg et La Noyée, dernièrement, que j'ai adoré réentendre), des impressions ("magique" est son mot favori depuis quelques jours), des commentaires sur ses entraînements, ses performances en jeux vidéo, ses vacances… 

Yannick embrasse le public à Dunkerque © P. Leroy
Le lien avec le réel, donc, est là. Dans cette connexion, d'ordinateur à ordinateur, avec les autres. Ses potes le vannent. Sa petite amie le submerge de mots doux. Son frère le soutient. Il y a là aussi des anciens copains de lycée, des cousins, sa mère… Et puis une foule de supporters, dont je fais partie. Personnellement, quand je l'ai contacté via facebook pour mon blog, en dehors du circuit journalistique officiel,  Yannick a toujours lu mes messages d'encouragement ou mes demandes, y répondant d'une manière très sympathique. Il m'a même claqué la bise lors de notre première rencontre, à Paris, en septembre dernier ;-)

Bref, selon moi, ce sont cette politesse, cette chaleur, cette connivence avec son public qui font de Yannick un mec sain. Et mon chouchou n°1 dans la natation française. Donc je ne suis pas près de quitter le club des propulseurs invisibles.


1 commentaire:

  1. j'ai été surpris de son commentaire auprès de N Monfort à propos de facebook et ce alors qu'il venait juste de devenir champion olympique. Je comprends mieux maintenant.

    Mens sana in corpore sano

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