mardi 31 juillet 2012

Natation : "toucher devant", ça implique quoi ?


Michael Phelps a perdu ce soir son 200 m papillon dans les derniers mètres, en réalisant une mauvaise touche… C'est-à-dire que, pour taper le mur d'arrivée et arrêter son chrono, il a arrêté son effort un petit peu trop tôt. Son adversaire sud-africain Le Clos, encore en mouvement de nage, l'a donc devancé de 5 centièmes. 

Ce résultat me donne l'occasion de zoomer sur cette partie essentielle de la course : l'arrivée. Dans le jargon des nageurs, gagner, c'est "toucher devant". Explications.


Dunkerque 2012 © P.Leroy
Les plaques de chronométrage 
Inventées par le chronométreur officiel Omega, elles furent instaurées aux JO de Mexico en 1968. Hautes de 90 cm et larges de 240 cm, elles sont immergées aux deux-tiers. C'est le nageur qui stoppe manuellement son propre temps, en appuyant sur la plaque en fin de longueur. 
La pression qu'il exerce dessus doit être de 2 kilos et demi minimum (en général, elle monte à 40-50 kilos). Les plaques sont, en effet, réglées de telle façon qu'elles restent insensibles à une pression inférieure, comme celle de 1 kilos et demi provoquée par les vagues de la piscine.  

Des murs pas droits ?
Selon le réglement de la FINA, la fédé internationale, les chronos en natation sont mesurés au centième de seconde depuis 1976. On ne descend pas au millième : même si la technologie permet ce niveau de précision, les résultats ne doivent pas être enregistrés, ni divulgués. Des nageurs dans le même centième sont déclarés ex-aequo. 
La raison ? Sur 100 mètres, 1 millième de seconde représente un centimètre d'avance. Pour mesurer au millième, il faudrait donc être sûr que toutes les lignes d'eau sont d'une longueur égale. Or, aucune architecture ne peut garantir une telle perfection. Donc aucun intérêt à descendre au millième. C'est le lien entre la physique et la statistique…
Il y a eu un précédent. Aux JO de Munich 1972,  sur le 400m quatre nages, Gunnar Larsson bat Tim McKee de 2 millièmes. Les défenseurs du perdant prétendent alors que la peinture sur le mur d'arrivée du Suédois est plus épaisse qu'au couloir de l'Américain !

Dunkerque 2012 @ P.Leroy
Le tempo du toucher 
Reste l'art du toucher. Pour le réussir parfaitement, il faut respecter la règle, comme de poser les 2 mains pour la brasse ou le papillon. Et assurer 2 éléments : 
- arriver dans le bon rythme de bras… Même si la fréquence et l'amplitude de nage se travaillent, il y a un facteur de chance.
- arriver le plus à plat, le plus aligné possible. En touchant sous le niveau des épaules, il y a risque de déséquilibre et donc de perte de temps.

Article inspiré et en partie alimenté par des informations du blog Le grand bain en avant réalisé lors des Mondiaux 2011.


1 commentaire:

  1. Salut Pauline,
    J'étais sur le blog du grand bain en avant, au commentaire, c'est là que j'avais découvert ton blog que je viens voir depuis.
    Par rapport à l'article, je me permet juste d'ajouter que la qualité d'une touche reflète aussi la lucidité du nageur en fin de course qui peut raccourcir ou allonger ses mouvements en fonction de la distance. Mais pour ça il faut y voir encore clair à un moment où ça pique de partout.
    Et sinon il y a aussi (en dos) une technique qui consiste à ramener son bras plié afin qu'il parcoure moins de distance et de gagner quelques centièmes.
    Et continue tes articles sympas sur les nageurs !

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