mardi 5 juin 2012

coulisses de Roland-Garros : les marqueurs, mémoire vive du jeu


Hors-piste, c'est une rubrique qui explore les coulisses du sport, ses métiers de l'ombre, ses secrets…

Parmi les « fourmis ouvrières » qui œuvrent à Roland-Garros, il y a 43 marqueurs. Assis au bord du court, les yeux rivés sur le match. Leur rôle : tenir les statistiques du jeu, pour les envoyer aux télés, aux tableaux de score et dans la base de données du tournoi.

Salle de coordination des marqueurs, sous le Central
Les marqueurs travaillent par équipes de 2. Il y a une équipe par court habituellement, mais deux sur les gros courts télévisés (P. Chatrier, S. Lenglen, n°1-2-3-6-7). Rodolphe, l’un des coordinateurs, explique : « La première personne, équipée d’un ordinateur relié à un radar, enregistre la vitesse du service et le nombre d’échanges. L’autre décrit chaque action de jeu. » 

Marqueurs en rouge, derrière l'arbitre
Dans les mains de ce marqueur, une console tactile. Sa mission se fait en 3 temps. Primo, indiquer qui a gagné le point. Cette information doit être donnée très rapidement aux télés. Secundo, avec une petite marge de temps, transcrire l’action. Une faute directe ou un point gagnant… ? Un coup droit ou un revers… ? Tertio, attendre l’annonce de l’arbitre pour afficher le score sur les panneaux. 

Console tactile
« On n'est pas des joueurs professionnels, on a d'autres métiers, moi je suis moniteur. Mais le marquage exige une grande compréhension du tennis, une grande connaissance technique et donc une longue expérience, raconte Rodolphe. La moitié d’entre nous est là depuis plus de 10 ans et on recrute de 1 à 3 nouveaux par an seulement. Et il faut une telle concentration qu’un marqueur est relayé au bout d’une heure. » 

Le marquage est un travail de statisticien, mais pas pour autant une science exacte… « Les erreurs arrivent, mais on s'arrange pour en faire le moins possible, précise Rodolphe. Après, une part d'interprétation existe. Un ace, ou une double-faute, n'engendre aucun doute. Mais par exemple, il y a des nuances entre faute directe ou provoquée. Et pour la définition d'un point gagnant. Pour nous, ce n'est pas seulement quand l'adversaire n'a pas touché… mais aussi quand il y a touche sans contrôle. » Avec le rodage, la part d'interprétation s'atténue. « Le travail s'affine au fur et à mesure. En fin de tournoi, si tous les marqueurs font la feuille du même match, 95% d'entre eux sont d'accord. »

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