mercredi 6 juin 2012

Coulisses de Roland-Garros : les caprices du temps… et des joueurs !

Hors-piste, c'est une rubrique qui explore les coulisses du sport, ses métiers de l'ombre, ses secrets…


Sous-sol du court Philippe Chatrier, porte 13, PC météo.

Claude et Frédéric scrutent plusieurs écrans d'ordinateurs : des images satellites, la carte des pressions atmosphériques, une webcam sur le ciel de Paris… et surtout, la carte des précipitations. 

L'info vient d'un radar spécial installé à l'aéroport de Villacoublay et qui rayonne sur 80 km. L'intensité de l'humidité fait varier la couleur : plus c'est rouge, plus c'est fort. Bleu, ça passe… A partir du vert, les 2 hommes commencent à être en alerte.
Si la pluie vient donc de la région parisienne, ils peuvent étudier sa trajectoire et prévenir de son arrivée porte d'Auteuil à partir d'une vingtaine de minutes avant. En revanche, impossible d'anticiper la formation d'un nuage juste au-dessus du stade… A ce moment-là, l'alerte concernant l'averse se fait au dernier moment. 
« Dans tous les cas, la première personne qu'on appelle, c'est Gilbert Coulon, le directeur de la logistique, précisent-ils. Il peut alors mobiliser ses équipes pour le bâchage des courts.»
Il faut savoir que la pluie est mortelle pour la terre battue : s'il n'est pas protégé en cas d'averse, un court peut être perdu. Il y a aussi les impératifs de sécurité : en cas d'orage violent, le stade devrait être évacué (un déluge est arrivé un matin dans l'histoire du tournoi, où tout a été inondé).
 « Si la situation est critique, on voit donc débarquer tout le monde dans ce bureau ! », rigolent Claude et Frédéric.


Sous-sol du court n°1, porte 2, vestiaire des ramasseurs de balles.

David, le chef des ramasseurs, gère leur planning, leurs rotations (ils ne font qu'une demi-heure à la fois sur le court), leurs absences ou leurs bobos… Mais il coordonne aussi l’autre mission de son service : satisfaire aux besoins des joueurs pendant leurs matchs. 
S’il manque une raquette cordée, ou quelque chose dans une glacière (boisson, nourriture…), c'est un ramasseur qui doit l’apporter. La demande est alors relayée par l’arbitre, qui envoie un message par intranet à Flora, la collègue de David. L’écran de son ordinateur est constamment plein. Court 4 : demande de bananes. Court 18 : demande de serviettes…
Sombre, animé par les crépitements du talkie-walkie, le bureau prend alors l’allure d’un QG militaire. David et Flora mobilisent leurs équipes pour que le matériel, stocké dans les coulisses, soit acheminé au plus vite au ramasseur sur le terrain. Ce matin, court n°11, des joueurs de double ont réclamé des serviettes blanches à la place des serviettes prévues, siglées Roland-Garros… sous peine d’arrêter de jouer ! Ils les auront en moins de 5 minutes. Ici, les joueurs sont rois.

© P. Leroy, reportage réalisé à l'origine pour les journaux Mon Quotidien et l'actu, www.playbacpresse.fr

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