dimanche 27 novembre 2011

Arnaud Assoumani : le rêve olympique d'un athlète handisport


La rubrique "London Calling" présente des sportifs qui participeront ou qui rêvent de participer, l'été prochain, aux Jeux olympiques (27 juillet-12 août) ou paralympiques  (29 août-9 septembre).

© P. Leroy
La Team EDF s'est réunie pour quelques jours de séminaire et d'entraînements la semaine dernière à Londres. Dans cette Team, il y a Arnaud Assoumani, 26 ans, sauteur en longueur, que j'avais rencontré en septembre à Paris. Un homme à la tête bien faite (il est du genre "canon") et bien pleine (musicien, ancien étudiant à Sciences-Po ou en cinéma, entre autres)…

Mais Arnaud est surtout un athlète atypique : né sans avant-bras gauche et champion paralympique 2008, il rêve de se mêler aux valides à Londres l'an prochain ! S'il y arrive, il sera alors le premier Français à doubler Jeux Olympiques et Paralympiques. 
Interview.


Ce rêve de participer aux JO en saut en longueur avec les valides, il est réalisable ?
Le premier objectif, c'est de passer les minimas, fixés à 8,20 mètres (ndlr : son record personnel est à 7,82 m depuis 2010). En ce moment, on est en hiver et on se prépare juste pour les championnats indoor en mars… Mais dès avril, on attaque les meetings en plein air. C'est à partir de là que je pourrai tenter ma chance ! Je sais que j'en suis capable. Mais la saison estivale sera courte car la deadline pour les minimas est fixée aux Championnats de France, à Angers, du 13 au 15 juin. 
Tu as aussi des projets aux Jeux Paralympiques ?
Bien sûr. Aux Paralympiques, je suis déjà qualifié sur ma spécialité, la longueur, avec un mètre d'avance sur les minimas. Sinon, je peux viser des médailles dans d'autres disciplines : triple saut, hauteur, 100m, 200m, 4x100m… Mais ma priorité, ce sont les JO.

Tu aurais aimé te lancer avec les valides plus tôt ?
Je m'entraîne avec eux depuis que je pratique l'athlétisme donc je les connais bien ! J'ai envie de concourir avec eux depuis 2008. Mais j'ai été blessé. Je me suis retrouvé en retard pour me qualifier pour les Mondiaux de Daegu cet été… Je n'ai pas pu m'exprimer à 100% et cela a créé beaucoup de frustration. 

© Team EDF
Ton projet rappelle celui d'Oscar Pistorius (ndlr :  coureur sud-africain amputé des 2 tibias, engagé aux Mondiaux de Daegu sur 400 mètres et même médaillé d'argent en relais)
Je le respecte ! Mais nos situations sont différentes. Lui c'est un athlète hors-norme : il survole sa discipline en handisport (ndlr : 3 médailles d'or en 100-200 et 400m en 2008). Et chez les valides, on peut considérer que ses prothèses lui apportent certains atouts. Du coup, en réalité, on peut seulement le comparer aux autres athlètes qui ont le même niveau de handicap que lui. Moi, en saut en longueur, ma prothèse ne m'apporte aucun avantage ! 

T'impliques-tu dans la recherche sur la conception de cette prothèse ?
Oui, je cultive cet intérêt technique et je collabore avec les ingénieurs. Le perfectionnement de la prothèse s'appuie sur des technologies de pointe, on s'aide de la 3D, avec la motion capture comme en jeu vidéo. Pour une question d'équilibre, je peux déjà la plier à 90°, mais maintenant on cherche à calculer son poids idéal…

Sur quels autres aspects bases-tu ta préparation olympique ?
Pour la technique sur le saut, je travaille avec Jean-Hervé Stievenart, l'ancien entraîneur de Teddy Tamgho au triple saut. J'ai aussi un préparateur physique, un kiné, un père nutritionniste… Cette année, on ne va rien révolutionner, mais tout affiner.



Récit d'Arnaud sur ses précédentes expériences paralympiques sur http://www.interviewsport.fr/arnaud_assoumani.php

1 commentaire:

  1. Tout simplement un bel exemple, je lui souhaite vraiment de réussir ces rendez-vous, pour montrer que malgré son handicap on peut vraiment atteindre le haut niveau même chez les valides...
    En tout cas on risque de le revoir rapidement... ;-)

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