vendredi 3 juin 2011

Top 14 : une finale arôme Caucau

Ce samedi, Toulouse affronte Montpellier en finale du Top 14. Parmi les Toulousains, se trouve Rupeni Caucaunibuca. Un phénomène.

Son nom improbable lui vient de ses origines fidjiennes et se transforme en surnoms Rups ou Caucau. Le joueur, qui aura 31 ans dimanche, affiche près d'1,80 mètre pour plus de 115 kilos. Un gabarit auquel s'ajoutent des facultés techniques impressionnantes : rapidité, capacité d'accélération, agilité et polyvalence (aile-centre). 

Mais Caucau est surtout connu pour ses frasques. Longtemps, il a semblé préférer la nourriture à la discipline et le farniente au travail… Avec le SU Agen, qui le recrute en 2003, il montre d'abord son génie : meilleur marqueur en 2005 et 2006, meilleur joueur en 2006. Avant de révéler son côté sombre : une saison creuse en 2007.  Il est suspendu un an par les Fidji après avoir refusé 3 sélections. Puis il est suspendu 3 mois du Top 14 pour avoir été contrôlé positif au cannabis. Il se fait remarquer aussi pour un précontrat non respecté avec le Racing Métro.

En 2010,  après ses vacances aux Fidji, il rentre à Agen avec plusieurs semaines de retard sur ses coéquipiers, une blessure à l'épaule et un net surpoids (une vingtaine de kilos de plus que les 110 demandés par ses dirigeants). C'est la goutte d'eau. Verdict : il est licencié avant sa dernière année de contrat.

Certains disent alors que Caucau est fini pour le rugby. C'est sans compter sur la confiance que Guy Novès, entraîneur du Stade toulousain, va lui accorder. Il le recrute comme joker médical (pour compenser la blessure de Yann David). Il le place entre les mains des préparateurs physiques et lui impose un «chaperon», fidjien lui aussi, Viliami Delasau, qui va le couver toute la saison. 

A partir de décembre 2010, de retour sur les terrains, Caucau progresse, prouve sa fiabilité, affute sa ligne… Et marque les 2 essais de son équipe en demi-finale du championnat contre Clermont. De quoi devenir la star de la finale ce samedi? C'est ce qu'il annonce : «Vous allez voir le vrai Rups. Je veux montrer aux gens que je vais être l'homme à regarder. Je n'ai pas de pression. Je dois me relaxer, m'approprier le match et le dominer». 

Pour Guy Novès, le pari Caucau est gagnant. Le contrat du joueur à Toulouse a déjà été prolongé d'un an. Absent de la Coupe du monde, il sera utile dès le début de la prochaine saison pour compenser l'absence de Clerc et Médard, retenus chez les Bleus. Caucau est-il définitivement rentré dans le rang ? Jean-Baptiste Elissalde, coach des trois-quarts toulousains nuance : «Il sera toujours un peu décalé par rapport aux normes de ce sport. Il n'est pas comme les autres et me donne des maux de tête».




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire