lundi 4 avril 2011

Dick-Peyron, vainqueurs d'un tour du monde à la voile en duo

A gauche : Jean-Pierre Dick, 45 ans, 2e victoire sur la Barcelona World Race
après celle de 2008. Loïck Peyron, 51 ans.
Les Français  Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron ont remporté aujourd'hui la deuxième édition de la Barcelona World Race, tour du monde sans escale et en duo. Ils ont passé ce midi la ligne d'arrivée à Barcelone après un peu plus de 93 jours et 22 heures à bord de Virbac Paprec 3.
©Jorge Andreu - Barcelona World Race - 4 avril 2011
Depuis plusieurs semaines, ils dominaient la concurrence et avaient tué le suspense. Les dernières heures de navigation, dans un vent très faible en mer Méditerranée, leur ont permis de souffler et de savourer leur victoire. Quand Loïck Peyron a dû grimper en haut du mât, à 30 mètres, pour régler un petit souci technique… il a pu emmener sa caméra et envoyer cette «carte postale» vidéo très impressionnante !





Le fait que la course se dispute en duo me fascine assez… Pas évident de vivre la promiscuité sur un voilier ! Mais là, visiblement, l'entente et l'osmose ont été parfaites. Voici les plus jolies phrases de Loïck Peyron, qui a toujours été mon chouchou parmi les skippers, citées dans les compte-rendus de la conférence de presse à l'arrivée.  



« C'est ma première victoire en tour du monde, c’est exceptionnel. J'ai fait mon premier tour du monde en solitaire, le second en équipage et ce troisième en double. Et nous l’avons gagné, bien dominé malgré une belle concurrence. Elle n’a pas manqué. C’était agréable. Cela fait du bien de finir et de bien finir

« La réussite vient d’une vraie cohésion, nous sommes complémentaires. Le fait de savoir faire du solitaire permet de mettre en confiance l’autre, de se reposer et d’attaquer quand il faut. La réussite vient aussi d’avoir une très belle machine sous les pieds. »

«Il n’y a pas eu d’engueulades. Parfois, on s’engueule soi-même, on se fait des reproches quand on n’a pas réussi un truc. La nuit dernière, par exemple, on a fait des bêtises tous les deux en même temps. Mais non, il y a eu une vraie connivence, une vraie cohésion. Il y a des moments inévitables. Quand on est comme nous deux célibataires endurcis qui vivent ensemble dans une chambre de bonne, les petits défauts de l’autre se voient davantage. Mais on a bien géré ce paramètre-là.»

« Pendant trois mois, on se demande parfois ce qu’on fout là. Mais il y a tellement pire ailleurs, sur terre. Des moments difficiles de par le monde. Sur l’eau, tout cela nous échappe. On n’est pas connecté en permanence sur Google actualité. On s’intéresse juste aux vols des albatros et à la prochaine déferlante. C’est un peu égoïste comme fonctionnement. Mais on essaye de le faire partager et de faire rêver un peu. Les conquérants de l’inutile que nous sommes, nous essayons aussi de servir à quelque chose, de temps en temps. »

© Nico Martinez - Barcelona World Race - 4 avril 2011

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