samedi 18 décembre 2010

HORS-PISTE : dans les chaussures des skieurs

Damien Amblard a 34 ans. Son métier ? Connaître les skieurs de haut-niveau sur… 
le bout des pieds! Dans son atelier The Bootroom, à Chamonix, il fait du bootfitting. 
Ce travail consiste à adapter les chaussures, livrées brutes par le fabricant, à chaque athlète. 
L'idée, c'est que le coureur se sente dans ses chaussures de ski comme dans des pantoufles ? Pas vraiment, selon Damien : «Le confort est assez relatif ! Les chaussures sont toujours assez serrées.»  On peut toutefois améliorer la coque et l'intérieur de la coque : «On meule le pastique pour jouer sur son épaisseur, explique -t-il. On peut aussi chauffer ou presser ce plastique pour le déformer.» Certains coureurs se font même fabriquer des «chaussons injectés» : moulés à leurs pieds par un procédé d'injection de mousse polyuréthane.
Plus que le bien-être, Damien recherche le réglage qui va jouer un vrai rôle sur la performance. Il peut modifier 2 «angles» des chaussures :
• l'inclinaison latérale de la tige ou du bas de coque. Ce réglage, appelé «canting», ne sert en général pour le grand public qu'à compenser des particularités physiques, par exemple des jambes arquées. Mais en racing, il permet d'ajuster la chaussure à de nombreux paramètres du skieur (morphologie, discipline…).
• l'angle de la cheville, appelé «delta». En abaissant ou en remontant le talon, le pied est plus ou moins incliné dans la chaussure. Cela change l'équilibrage avant-arrière du skieur et donc la position de son centre de gravité… 
On peut agir aussi sur un autre paramètre : la rigidité de la coque.

Y a-t-il des règles communes à tous les skieurs ? «Plutôt des généralités par discipline, précise Damien. Disons qu'en slalom, les skieurs recherchent la précision technique. La chaussure est plus rigide. L'angle vers l'extérieur est plus fort, pour un ski agressif. Dans les disciplines de vitesse, les skieurs recherchent le relâchement et les sensations de glisse. La chausssure est moins rigide et le pied est plus à plat.» Ensuite, tout dépend de la personnalité et de la manière de skier de chacun. «Certains skieurs veulent ressentir la pression des chaussures. D'autres ont besoin de liberté pour ne pas penser à leurs pieds, que rien ne fasse diversion en course.»

Trouver le bon dosage est donc un art. En tout cas, un métier! «Il faut quelques notions de podologie mais surtout des connaissances en biomécanique», précise Damien, 15 ans d'expérience, dont 5 en Coupe du monde! Il est consultant pour 35 coureurs et en charge des membres de l'équipe de France pour la marque Rossignol-Lange. Il prépare les chaussures dès le mois de mai: «J'ai une fiche sur tous les skieurs. Ainsi, à 70% du temps, je peux préparer leur matériel sans qu'ils soient présents». Il va à leur rencontre lors des entraînements de printemps, effectue des tests lors du stage de l'été à Ushuaïa, et assure les finitions en septembre-octobre. 

© Photos tirées du site Internet http://www.thebootroom.fr avec l'autorisation de Damien.

Vidéo d'une journée de Marie Marchand-Arvier à Tignes fin octobre. A 3'55,  elle rend visite à Damien.

1 commentaire:

  1. Cela serait utile à tous les skieurs ! J'ai déjà eu beaucoup de mauvaises expériences de ski juste à cause des chaussures...

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