lundi 29 novembre 2010

Bodyboard : Amaury Lavernhe et la reconnaissance du ventre



«J'aime l'eau et les vagues. Pas seulement pour leur esthétique, non. 
La vague côté énergie, puissance, jeu, force. Rentrer dedans, passer dessous, boire la tasse, se laisser prendre, la dominer, jouer, observer, ruser, utiliser cette force superbe. S'incliner quand elle est dangereuse, s'en servir lorsqu'elle est parfaite, laisser tomber quand elle est trop nulle.»
Celui qui me parle ainsi avec emphase s'appelle Amaury Lavernhe, alias Mozir ou Moz, 25 ans. En août dernier, au Portugal, ce Français a été sacré champion du monde de bodyboard. Et ce, après avoir dominé toute la saison et avant même la dernière étape, cette semaine, aux Canaries. 

La passion d'Amaury pour le bodyboard est liée à une autre histoire d'amour : celle qu'il vit avec La Réunion. C'est sur cette île, où il est arrivé en famille à 7 ans, qu'il a découvert ce sport. «On s'est installés à deux pas de l'océan Indien. On allait à la plage après la classe, quand on n'avait pas trop de devoirs, et le dimanche, raconte-t-il. Je faisais le fou avec mes frères et soeur dans les vagues, pour le fun! J'ai fait un stage de bodyboard à 10 ans. Puis je me suis mis à m'entraîner le mercredi et le samedi, je faisais des progrès, j'étais avec mes copains et heureux! Et il y a eu ma première compétition locale, les Gillympiades (Olympiades de St Gilles, la petite ville balnéraire où on habitait). J'avais 11 ans, en 1996, et j'ai gagné…»
Amaury a alors gravi les échelons régionaux, puis nationaux… jusqu'à intégrer le circuit professionnel mondial en 2007. Mais c'est toujours à la Réunion qu'il préfère rider : «Ce sont les spots que je connais le mieux: la Tortue (St Leu), Les Aigrettes et l'Ermitage (St Gilles), la Jetée (St Pierre). J'aime aussi l'Australie fabuleuse, Hawaï (un peu blindé de monde), Arica au Chili et Tahiti... mythique.»



Aujourd'hui, à La Réunion ou en métropole, où il a été sacré champion de France (à Biarritz, en octobre), Amaury devient un formidable ambassadeur du bodyboard. Il défend ce sport face à son célèbre cousin, le surf. «C'est facile de débuter sur les vagues avec un bodyboard, car on est posé dessus. Tenir debout sur un surf est tout de même plus compliqué pour un débutant! En plus avec une planche de body, on peut vite se faire plaisir et avoir des sensations. De 7 à 77 ans !» En tout cas, Amaury est peu médiatisé, tout juste assez sponsorisé pour vivre de son sport… mais c'est un vrai passionné! Intarissable… 
«Couché sur ta board, tu ne fais plus qu'un avec elle, tu es posé sur la vague, tu l'as sous le nez, tu la sens avec ton ventre, avec tes bras, avec tes palmes. Ensuite il y a les figures, on décolle, on vole, on replaque, on en prend plein les bras et plein le dos. C'est très puissant, casse-geule, violent, excitant. Les vagues que nous ridons sont beaucoup plus rapides, radicales, puissantes et creuses que pour le surf : grâce aux palmes, on peut démarrer ces vagues ultra-rapides, quand où un surfeur n'aurait pas le temps de se mettre debout. C'est beaucoup plus "hard core".»



Site Amaury : http://www.amaurybodyboarding.com/
Site circuit de Championnat du monde : http://www.ibaworldtour.com/
Site fédé française : http://www.surfingfrance.com/

OSMOZ from Zot Movie Festival on Vimeo.


© Photos : DR - IBA 

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