samedi 28 août 2010

Balade aérienne aux Mondiaux de badminton


Une véritable fournaise. C'est ce qui impressionne le plus en entrant dans le stade Pierre-de-Coubertin. Paris accueille, jusqu'à dimanche, les Mondiaux de badminton. Mais pour voir ce sport, pourtant très léger, il faut accepter de supporter une ambiance lourde, suffocante. C'est paradoxal. Explication toute simple : la climatisation pourrait perturber les trajectoires des volants qui, composés de
16 plumes d'oie, pèsent moins de 5 grammes. On l'a donc éteinte. Il n'y a, par conséquent, pas un souffle d'air dans le gymnase. Le public se ventile avec les programmes. Les plus prévoyants ont emporté un éventail. Les enfants se baladent torse nu. Aux derniers rangs désertés, certains spectateurs s'allongent, assommés.

Il serait pourtant dommage de s'endormir. Le spectacle mérite d'être admiré! Je m'installe assez haut en tribune… En surplombant les terrains, j'ai l'impression de mieux apprécier la beauté du jeu et son côté aérien.


A l'affiche ce vendredi : les quarts de finale. Les joueurs qui s'affrontent sont d'anciens champions du monde, champions olympiques ou simplement parmi les meilleurs mondiaux actuels… C'est le gratin! Ces as du volant viennent pour la plupart d'Asie, LE continent du badminton.

Mais il y a là
aussi des concurrents du Danemark, comme Peter H. Gade, 34 ans, n°2 mondial.

La forte délégation de supporters danois hurle «Ga-deu-Ga-deu». Solide, il se qualifie facilement pour les demi-finales.




L'ambiance devient réellement torride quand entre en piste la dernière représentante française et n°5 mondiale, Hongyan Pi, 31 ans. Les drapeaux tricolores apparaissent, des tentatives de hola naissent dans les gradins… Malgré ce soutien, Pi, tendue et résignée d'avance, réalise une mauvaise prestation et se fait éliminer.

En dehors de ces 2 matchs où mon esprit chauvin me pousse à défendre les Européens, je m'intéresse peu aux résultats. Je me passionne en revanche pour les rituels du badminton. Je m'amuse de la simultanéité des matchs sur les 2 courts mitoyens : parfois on ne sait pas lequel choisir, parfois l'ambiance de l'un détonne avec l'autre… c'est étonnant !


Je scrute aussi la présence des entraîneurs au bord
du terrain.
Aux arrêts de jeu, ils viennent recadrer les joueurs : en regardant leurs mains agitées, je tente de deviner la teneur de ce coaching express !

Il y a enfin la problématique de la transpiration… Les joueurs ont un geste particulier pour envoyer au-delà des limites du terrain les gouttes de sueur qu'ils dégagent de leur front. Quand le sol est, malgré tout, mouillé, un juge de ligne vient l'essuyer avec un balai.


Mais surtout, je me focalise simplement sur la technique et l'esthétique des gestes. Chorégraphie de la position d'attente au retour de service, variété des coups, changements de rythme, légèreté des mouvements, qualités athlétiques (détente très spectaculaire en smash)… C'est très très beau!




© Pauline Leroy

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