vendredi 6 août 2010

HORS-PISTE : Le mystère de la chambre… d'appel

Hors-piste, c'est une nouvelle rubrique qui explorera les coulisses du sport, sa face cachée, ses métiers de l'ombre, ses secrets… A la veille des championnats d'Europe de natation à Budapest (Hongrie), zoom sur... la chambre d'appel.

Son nom fait penser à un tribunal. Pourtant ce n'en est pas un. Quoi que. Dans cette pièce où sont convoqués les huit nageurs en lice, un gros quart d'heure avant une course, se construit déjà l'intrigue qui mènera au verdict final, le podium.

A quelques mètres de là, dans l'eau, les compétiteurs se départageront à force de muscles, de technique et de millièmes de secondes. Mais pour l'instant, dans ce rassemblement à huis clos, ils se jaugent sur leur résistance au stress et à la pression.

Du côté des sprints nage libre, disciplines "reines" où les enjeux sont élevés , il y a souvent de l'électricité dans l'air. Dans les autres nages, l'ambiance semble un peu plus décontractée…
Mais dans tous les cas, entre échauffement, préparation vestimentaire et rituels, c'est un moment-clé de concentration, l'anti-chambre de l'arène…

Dans certaines compétitions, la télé qui retransmet installe une caméra dans la chambre d'appel. Le spectateur se crée alors une idée de ce qui s'y passe… Mais la réalité ne peut être connue que de l'intérieur. Yannick Agnel a découvert ces derniers mois les chambres d'appel du haut niveau. Il témoigne pour Spoportivement.

« En chambre d'appel, tout le monde possède ses petites manies. Certains s'enferment dans leur bulle à l'aide de la musique, à l'instar de Michael Phelps. D'autres sont en bonnet-lunettes-combinaison-tout-prêt-tout-beau de longues minutes avant la course, dans un petit coin isolé. Biedermann conviendrait à cette description, je pense! J'en ai même croisé avec des serviettes dissimulant leur visage, à la Rocky...

Certains choisissent une voie totalement opposée : ils parlent haut et fort, se mettent debout et s'échauffent ostensiblement devant les autres. Cielo se tape les pectoraux et les cuisses d'une telle force que lorsqu'il termine la course, il possède encore les marques rougeâtres de ses mains sur son buste... C'est de l'intimidation, clairement.
Certains en ont besoin, d'autres pas. Pour quelqu'un comme Michael Phelps, il suffit simplement de rentrer dans une chambre d'appel pour susciter de la peur!

A chacun son truc avant la course, donc. Mais tous les visages restent concentrés, parfois tendus. En ce qui me concerne, mon attitude est variable. Dans les compétitions de mon âge, je joue beaucoup plus à l'intox. Avec les seniors, j'essaie de rester serein au maximum, de ne pas subir la pression énorme et l'atmosphère gladiatrice qui règne...

J'écoute beaucoup de musique, j'aime avoir un bon casque sur moi pour en profiter pleinement. Mais je n'ai pas le souvenir d'avoir intégré une chambre d'appel avec de la musique dans les oreilles depuis des années! Ça n'est pas mon truc!»

© photos prises par moi aux championnats de France petit bassin 2008 à Angers

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