lundi 7 juin 2010

Pourquoi j'ai envie de croire aux Bleus

"Je ne sais pas où on va. Mais l'important c'est de rêver", disait Cantona, dans les qualif pour le Mondial 1994 de foot. Son rêve s'était alors transformé en désillusion. Mais la phrase reste belle… A quelques jours de l'ouverture du Mondial 2010, qu'est-ce qui nous empêche de rêver ? Qu'est-ce qui nous empêche de croire à un beau parcours de l'équipe de France ?


Je n'y connais rien en foot, en tout cas rien du tout en tactique. Jusqu'à récemment, je m'en foutais même complètement. Mais ces derniers temps, je me suis intéressée à l'équipe de France. Pourquoi ? Depuis toute petite, j'ai souvent un penchant pour les mal-aimés et les causes désespérées. Il aura suffi que s'accumulent les sondages prouvant le désamour des Français pour leur équipe nationale. Que les critiques de la presse s'y ajoutent. Que Marine Le Pen attaque. Que Rama Yade y mette son grain de sel. Que les cyniques se déchaînent. Il aura suffi de tout cela pour que naisse au fond de moi une sorte d'affection pour les Bleus !


En lisant de nombreux articles, j'ai tenté de mieux cerner cette équipe. J'ai lu, écouté, observé… et j'ai compris plein de choses. La mauvaise communication de Domenech, sa lutte contre les egos. Son changement de stratégie en 4-3-3, la force de l'aile gauche, le flou sur l'aide droite, Anelka qu'on attend à la pointe, Lloris incassable. La construction de l'esprit collectif depuis le stage à Tignes, la difficulté d'éviter les clans, la cohésion à trouver dans la nouvelle génération… Les rigolos (Ribéry), les isolés (Gourcuff), les écartés (Henry)… La notoriété, le fric, les excès, Zahia. La pub, les sponsors, les transferts, le mercato, l'arrivée de Blanc. Des joueurs membres des grands clubs européens, expérimentés, des talents individuels. Des automatismes à trouver. La faiblesse du jeu lors des matchs de préparation, des mauvais résultats qui inquiètent.


Et tout cela me permet-il de pronostiquer un résultat des Français dans ce futur Mondial ? Bien sûr que non !! Que savent aujourd'hui ceux qui parient sur la défaite des Bleus au premier tour ? Rien. Parce qu'il n'y a jamais une simple corrélation entre le niveau de sportifs sur le papier et leur résultat en compétition. Rien n'est gagné ou perdu d'avance. Sinon les favoris seraient toujours vainqueurs.


Il peut se passer n'importe quoi en Afrique du Sud. L'équipe de France peut craquer sous la pression et la qualité de ses adversaires, ne pas dépasser ses limites techniques, se figer dans des incompréhensions entre joueurs et merder. Mais l'équipe de France peut aussi se souder contre l'adversité, combler les lacunes, aiguiser sa force mentale et briller. L'existence de cette alternative constitue la seule vérité du sport… et sa beauté. L'existence de cette alternative m'autorise à rêver.


Encore faut-il l'assumer.

Aujourd'hui, en plein campagne de dénigrement contre les Bleus, dire que j'ai envie de croire en eux… c'est prendre un risque. II serait bien plus confortable d'enterrer tout espoir et d'être pessimiste, sur le mode "le pire n'est jamais décevant".

En effet, en cas de défaite au premier tour, je vais être raillée, prendre des taquets au bureau, me sentir attaquée par les blagues des Guignols ou du Petit journal… Les adeptes du "j'vous l'avais dit" seront évidemment plus à l'aise que moi. Les mauvaises langues se délecteront.

Au contraire, si l'équipe de France fait un joli parcours, je serai fière d'y avoir apporté un peu de mon élan, de ma confiance. A côté de moi, les désenchantés et les pessimistes auront déjà été amnistiés par l'hystérie collective et la ferveur populaire. Je le comprendrai.


Quoi qu'il arrive, au fond de moi, je sais que je ne changerai jamais. Que je resterai une groupie… et une éternelle optimiste !



"Le courage, ce n'est pas de peindre la vie comme un enfer puisqu'elle en est si souvent un. C'est de la voir telle et de maintenir malgré tout l'espoir du paradis" Christian Bobin




4 commentaires:

  1. Moi aussi je voudrais être comme toi, Popo.
    Sauf que j'y arrive pas. Je ne dénigre pas l'équipe de France, je me fous du tarif de leurs chambres comme celui de zahia, mais je voudrais juste qu'ils jouent à leurs niveaux respectifs, ce qu'ils n'ont pas montré en 10 matchs. Et rarement une équipe qui n'est pas favorite a gagné une coupe du monde. Au jeu du pronostic, je mise sur les oranges des Pays-Bas

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  2. J'aimerais aussi avoir la foi en cette équipe, mais je n'y crois plus depuis longtemps. Cela fait six ans que Domenech est sélectionneur, et son équipe présente encore et toujours le même visage (si on exclut le miracle de 2006) : manque d'envie, de créativité, défense fébrile, joueurs individualistes… Mais je t'assure que j'aimerais bien qu'ils me fassent mentir ;-)
    Sinon, je suis mauvais au jeu des pronostics, mais je miserais bien un jeton sur l'Espagne cette année.
    Renaud

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  3. Je ne suis pas en désaccord avec vous, les gars! Je ne dis pas que l'équipe de France est talentueuse…
    Je dis juste que, par mon tempérament optimiste qui croit que toute compétition est ouverte, j'ai envie de ne pas l'enterrer d'avance !

    Voici un papier assez audacieux et très très optimiste… et sympa à lire !
    http://www.20minutes.fr/article/576137/Sport-Dix-raisons-pour-lesquelles-les-Bleus-seront-champions-du-monde.php

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  4. je suis un peu divisé sur le sujet. Néanmoins à chaque mondiale j'ai l'excitation de croire en cette équipe. L'excitation de voir de booooo matchs de booooo buts, bref de vibrer! allez positive-popo, sort les crampons, mes tes protèges tibias et vie le tefou !
    swebos

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