samedi 8 mai 2010

Popo chez les poids lourds (1/3)

Prologue

Jeudi 6 mai, un peu avant 20h, 81 boulevard Masséna, Paris 13e. Dans ma poche, un billet pour "Le défi de Jean-Marc Mormeck, acte II" à la halle Georges-Carpentier. Une soirée que le boxeur français, promoteur depuis un an, a organisée et dans laquelle il va combattre. Après quelques matchs d'autres tricolores, il sera la superstar du jour… C'est ma première expérience de boxe en live.

Sur le trottoir de la halle, je me demande une dernière fois ce que je suis venue faire là. Défilent dans ma tête l'imagerie cinématographique de la boxe (les Rocky, un peu et Million Dollar Baby, surtout) et quelques noms comme Mohammed Ali et Marcel Cerdan… Mais plus mes pas me rapprochent de l'entrée, plus je ressens mon immense incompétence dans ce sport. En fait, je n'y connais rien, vraiment rien. La violence des coups me rebute. Ma présence ici, au nom d'une «expérience inédite qui fera bien sur mon blog», ne frôle-t-elle pas le ridicule ?

Je ne suis pas encore à la grille et déjà, je me fais une idée de la population qui composera le public. A quelques mètres des motos, une Ferrari rouge clinquante, d'où sortent 3 mecs en «jeans-chemise blanche-Ray Ban», se gare. Tout comme une camionnette à la peinture verte égratignée et à l'autocollant Bobigny, conduite par un homme aux mains abîmées. Je ne peux pas rêver mieux comme cliché ! Le 16 et le 93. Le bling-bling et l'ouvrier. Le people et le populaire. Unis par la même passion de la boxe? Je demande à voir.



Il faut contourner la halle pour y entrer, par l'arrière. Parviennent déjà à mes oreilles les premières clameurs des spectateurs et la voix du speaker. Je me rassure : je suis venue pour ça, pour une ambiance. Une fois passé le contrôle, je découvre la salle : une très belle architecture, une chaleur impressionnante, plus de 5000 personnes dont 90% d'hommes, quelques vedettes (Belmondo, Lelouch, Thuram…). Et surtout un léger brouhaha qui, malgré le combat en cours, dévoile une sorte de tension dans l'air … Je ne suis pas déçue : de l'ambiance il y en a ! Je file à ma place, secteur Nord, J57.

Je vais assister à 3 combats avant celui de Mormeck. Je me dis que ça me permettra d'apprivoiser ce milieu inconnu dans lequel je me suis immergée. Je pose mon sac, je sors mon appareil photo, je relève enfin les yeux vers le ring. Et là, pas besoin de temps d'adaptation : sans préavis, le coup de foudre immédiat.


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