vendredi 28 mai 2010

La rédemption par le basket de Marion Jones

Elle remercie Dieu. Cite l'évangile. Souligne l'intensité de ses efforts à l'entraînement. Vante l'esprit d'équipe. Fait des discours devant des étudiants pour leur expliquer « comment faire de meilleurs choix dans la vie ». Affirme qu'elle est « une nouvelle personne », qu'elle a beaucoup appris. Elle, c'est Marion Jones, 34 ans. L'ancienne athlète US, un temps reine du sprint, star déchue après un scandale de dopage, fait aujourd'hui son retour dans le sport de haut niveau, dans le basket.

Chaque jour, sa rédemption se mue, sur les réseaux sociaux et dans les médias, en un show à l'américaine. Marion assure un exercice de communication à la Tiger Woods. Mère de famille, elle devient une publicité vivante pour les valeurs moralo-religieuses chéries outre-atlantique. Mais elle prend réellement un sacré virage dans sa vie. Un virage auquel j'ai envie de croire, un virage qui me touche, moi qui aime l'idée de la deuxième chance.

Rappel des faits. En 2007, après avoir avoué sa consommation de stéroïdes, Marion est privée de ses 5 médailles olympiques, dont 3 d'or, remportées aux jeux de Sydney en 2000.
En 2008, elle purge une peine de 6 mois de prison au Texas pour "parjure", pour avoir longtemps nié son rôle dans l'affaire Balco (laboratoire mis en cause dans un réseau de dopage impliquant des stars de l'athlé, du baseball ou du foot américain).
Des journaux américains affirment aussi qu'elle est ruinée, après avoir dilapidé toutes ses primes de performances…

Mais depuis quelques mois, sortie des faits divers, Marion réapparaît dans les chroniques sportives. Elle renoue avec le basket, son premier amour, la discipline dans laquelle elle avait gagné le championnat universitaire en 1994. La Tulsa Shock Team, équipe de WNBA (pendant féminin de la NBA), l'a recrutée. Indésirable sur les pistes, mais accro à la compétition et physiquement affutée, Marion joue désormais sur les parquets la "rookie" de luxe, la joueuse appliquée et l'équipière modèle.

Pour l'instant, elle n'a joué qu'un quart d'heure en 3 matchs dans ce début de saison. Mais je me moque de ce que seront son niveau technique et ses performances. Je trouve qu'il faut quand même du courage pour se mettre en danger de nouveau comme elle le fait. Elle a dit : « J'ai fait le choix de ne pas disparaître, de ne pas rester dans un trou et de m'exposer aux autres, à leur jugement et à leurs critiques, en espérant que cela (son histoire) les aide dans leur vie ».

© Marion et son n°20, merci à Pardeep Toor, Media Relations Manager des Tulsa Shock

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