jeudi 13 mai 2010

D'Acapulco à La Rochelle (plongeon extrême 1/2)



Les trompe-la-mort d'Acapulco
Petite, dans un parc d'attractions de ma région, j'assistais à des exhibitions de "plongeurs d'Acapulco". Je doute qu'ils venaient réellement du Mexique… Mais le tremplin me paraissait très haut, ils y grimpaient très vite par une échelle étroite et leurs plongeons m'impressionnaient beaucoup !
Exporté dans l'industrie du spectacle, le plongeon de haut-vol n'en est pas moins une tradition bien réelle à Acapulco. Depuis toujours, des trompe-la-mort se jettent du haut des falaises qui surplombent la baie, parfois de 35 ou 40 mètres. On dit qu'à l'origine, ce sont les pêcheurs qui plongeaient pour aller débloquer leurs hameçons prisonniers des rochers. Aujourd'hui, les "Clavadistas" assurent le show pour les touristes, moyennant finance, comme sur la falaise de La Quebrada où ils sautent torche en main à la nuit tombée. Ils choisissent avec soin le moment de leur envol pour le synchroniser avec le mouvement des vagues et éviter que le ressac ne les projette sur les récifs…





De l'olympique à l'extrême
C'est à Acapulco, justement, que le Français Hassan Mouti est tombé sous le charme du plongeon extrême, après 6 années de plongeon dit "olympique", en bassin, depuis des tremplins de 3 ou 10 mètres. «J'ai toujours aimé plonger. Gamin, à la piscine, j'effectuais déjà des saltos pour épater ma famille, rappelle-t-il. Mais en 2003, après une blessure et une baisse de régime, j'avais besoin de changer de discipline". Il effectue alors ses premiers sauts à 25 mètres. Et, à la suite de son voyage au Mexique, découvre le circuit Red Bull.
Aujourd'hui, ce "Red Bull Cliff Diving World Series" est un véritable championnat du monde. Il emmène 12 plongeurs dans 6 "spots", en Europe et en Amérique, entre mai et septembre. A chaque fois, les concurrents réalisent 3 plongeons (2 imposés et 1 libre) et sont notés par un jury sur le départ, les figures et l'entrée dans l'eau, à la fois sur un plan technique et esthétique.



Comment en vivre ?
La Rochelle constitue la première étape de la saison 2010, ce samedi 15 mai. La plateforme de départ est installée en haut de la tour Saint-Nicolas, dans le port. Hassan Mouti est l'un des 2 tricolores en lice dans cette compétition avec Cyrille Oumedjkane. Pour ce Strasbourgeois, concourir en France est une aubaine. «La présence des médias à La Rochelle me permet d'obtenir de la visibilité et du matériel photo et vidéo pour démarcher les sponsors», explique-t-il. Aucun des plongeurs extrêmes ne vit de son sport. Tous ont une autre activité. «Certains font des spectacles. Avant j'étais salarié d'une entreprise, mais là je suis au chômage», raconte Hassan.
Aidé financièrement, il pourrait faire du plongeon extrême une activité à temps plein car il abat un gros entraînement physique et technique ! «D'abord, je muscle le bas du corps, le premier à entrer dans l'eau, pour éviter les blessures, décrit-il. Je fuis les exercices en salle car je crains l'ennui ! Je préfère le vélo, le badminton… » Ensuite, vient la préparation des acrobaties : «Je répète mes figures sur trampoline, je fais de la gym d'assouplissement et le travail des saltos au sol et enfin, je révise départ et entrée dans l'eau en piscine sur tremplin de 3 mètres».



Sécurité et magie
L'entraînement et la "discipline" sont nécessaires pour empêcher les accidents. «On n'est pas des fous furieux, on ne se jette pas de n'importe où !, afffirme Hassan. Si, en vacances, j'ai envie de plonger d'un rocher, je demande à quelqu'un de descendre m'attendre dans l'eau, je vérifie la profondeur et je fais des figures simples… Je ne veux pas battre des records à tout prix!» Une fois la sécurité assurée, place au plaisir. «J'aime la mer, la plage. Il existe des endroits magnifiques pour plonger. Comme à Hawaï, où j'étais en voyage récemment, au milieu des bananiers! Mais mon endroit préféré, c'est Wolfgangsee, un lac d'Autriche où le tremplin est accroché à la falaise. On l'atteint après avoir grimpé dans les bois. Le public nous observe depuis des dizaines de canöés et de bateaux. » On imagine aisément la magie d'un tel lieu…



© Red Bull Photofiles
1. Plongeur Alain Kohl, à Portovenere (Italie) - Photo : Dean Treml - avril 2009
2. Plongeur Joey Zuber, à Kimberley (Australie) -
Photo : Mark Watson- juin 2004
3.
Plongeur Artem Silchenko, à Sisikon (Suisse) - Photo : Dean Treml - septembre 2009
4. Plongeur Orlando Duque, à Hambourg (Allemagne) -
Photo : Marcel Lammerhirt - août 2008
5. Portrait Hassan Mouti, à la Rochelle -
Photo : RayDemski.com - mai 2009
6.
Plongeur : Hassan Mouti, à Dhermi (Albanie) - Photo : RayDemski.com - août 2008
7. Plongeur : Orlando Duque, à Malpelo Island (Colombie ) - Photo : Camilo Rozo - novembre 2009
8. A Antalya (Turquie) - Photo : Nuri Yilmazer - août 2009



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