mardi 27 avril 2010

Surf : les morsures du Pacifique

Son nom est Jaws. Comme les mâchoires d'une bête sauvage prête à vous dévorer. Impossible de la fuir. Seule alternative : la dompter. Bienvenue à Peahi, sur l'île de Maui, à Hawaï, en plein océan Pacifique. L'une des spots les plus féroces du monde. Le temple des big waves, des rouleaux immenses que peu de surfeurs osent affronter.

Un événement très attendu


Ce qu'on surnomme Jaws est un mur d'eau qui se crée sous certaines conditions météo, rares, le plus souvent entre décembre et février. Le big swell, le mélange parfait de la houle et des courants, est très attendu. Quand il s'annonce, toute une armada se met en route vers la plage : les hélicos pour les images, les jetskis pour tracter les surfeurs… Les touristes sortent de leurs hôtels, les locaux affluent, les bateaux des pêcheurs et des journalistes s'agglutinent. Embouteillage assuré à terre et en mer.

Une avalanche
Place au spectacle. Magnifique et dangereux à la fois. Au plus fort du phénomène, il devient ridicule de parler de vague. Le surfeur se retrouve sur la pente d'une montagne haute de 10 à 20 mètres, ou plutôt d'une avalanche qui déferle à près de 50 km/h. Le bruit est infernal. La technique doit être infaillible, la concentration, maximale. La moindre erreur et un malheureux peut se faire ensevelir. Gare aux rochers tout proches! Les sauveteurs sont aux aguets.


Le roi

Dans ce royaume des barrés, règne l'Américain Laird Hamilton. Très jeune, résidant dans l'archipel, il a apprivoisé Jaws quand personne ou presque ne connaissait son existence ! C'est lui qui invente au début des années 1990 le tow-in, le fait de se faire tracter… Doté d'un grand gabarit et d'un culot hors-norme, il maîtrise grâce à cette astuce des vagues de plus en plus grandes. Dès lors, il devient celui avec qui tout le monde veut rivaliser. Mais, à 46 ans, Laird reste le maître du jeu et des lieux. Le 7 décembre dernier, il a encore montré toute sa classe sur Jaws.

Le dauphin

Le même jour, un jeune surfeur allemand, Sebastian Steudtner, a aussi fait une superbe démonstration à Peahi. Pour cela, il a reçu le "Billabong XXL biggest wave award", samedi dernier en Californie. Un "oscar" accompagné d'un chèque de 15000 dollars. Parce que le surf aujourd'hui fait partie d'une grosse machinerie marketing : les sponsors et les médias sont autant attirés par Jaws que les rideurs… Mais cette évolution n'enlève rien à la magie de cette discipline extrême… Adrénaline et frissons, "c'est ce pour quoi je vis", a déclaré Steudtner. C'est ce pour quoi je vibre.

VIDEOS
Hamilton :http://www.youtube.com/watch?v=HFsVACAEZLM
Steudtner : http://www.youtube.com/watch?v=ffPhBSfPz28


PHOTOS
© Maui : http://www.gohawaii.com
© Hamilton (1e et 3e) : http://www.oxboworld.com
© Steudtner : http://billabongxxl.com

2 commentaires:

  1. Waouh !!! Merci soeurette de me faire vibrer...tu sais que tu vas finir par me faire aimer le sport ! C'est sûrement parce que tes billets sont encore mieux écrits qu'un roman de Christian Grenier !!

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  2. Un style un peu plus personnel, madame la rédactrice. Je pense que tu vas trouver ta plume à l'entraînement… spoportivement ;-)

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