samedi 3 avril 2010

Zoom sur Lizeroux, mon chouchou de l'hiver


Filles et garçons hurlent son nom, se bousculent pour un autographe et répètent qu'il est "leur idole". Au Palais des Sports de l'Alpe d'Huez, Julien Lizeroux apparaît tout sourire. Pendant 2 heures, il signe sans rechigner affiches et vêtements, content de fêter auprès des enfants une saison réussie : pas de médaille olympique, certes, mais un 2e rang dans la Coupe du monde de slalom et une 9e place au général.

"Ju" est mon chouchou depuis 2 ans. Mon plus gros coup de cœur sportif de ces dernières années. Un mec bien, hyper attachant… "Envoyer du gros". Julien Lizeroux résume ainsi son attitude sur les pistes. Fils d'une monitrice de ski et d'un guide de haute-montagne, ce Savoyard a toujours fait des pentes enneigées son terrain de jeu. À 7 ans, il était déjà licencié au club des sports de La Plagne. À 19 ans, bac de "ski-études" en poche, il intègre l'équipe de France. À 30 ans, la générosité constitue désormais sa principale marque de fabrique : il est réputé pour sa fougue et sa prise de risques dans les courses. La faute à l'optimisme ! "Tout va pour moi, explique-t-il. J'adore le ski… Pouvoir vivre de ma passion est quelque chose de très fort. J'en profite."

Le plus sombre de sa carrière (des blessures à répétition qui le clouent chez lui, des saisons sans résultats) remonte à l'époque 2000-2006. Le gros coup dur personnel, le décès de son frère Yoann lors d'un accident de base-jump, date de l'été 2008. Alors, en janvier 2009, sa première victoire dans une épreuve de Coupe du monde sonne comme une renaissance. C'est là que je le "découvre". Quelques semaines plus tard, lors des Mondiaux organisés en France, il remporte 2 médailles d'argent. La saison 2009-2010 a encore confirmé ses progrés.

Il n'est pas sorti d'un slalom depuis 3 ans ! Une fiabilité qu'il doit à 7 mois d'entraînement l'été et l'automne. Il pratique de nombreux sports : vélo, rando, tennis, basket, foot, volley et golf. "Ma coordination est un atout, dit-il. Je travaille beaucoup la musculation et la proprioception". À cela s'ajoutent, pendant la saison, la préparation du matériel, le repérage des tracés, la récupération…

A l'Alpe d'Huez, où l'on est entourés d'enfants, je saisis l'occasion de l'interviewer sur sa jeunesse. Il s'y replonge sans problème. "Je skiais partout, dans la poudreuse et dans les bosses. Je n'étais pas très doué techniquement, mais je prenais du plaisir, dit-il. J'ai gardé ce goût du dépassement de soi, des sensations… cela fait ma grande force aujourd'hui".

"Petit, je ne rêvais pas d'être champion. Mais quand, avec mon club de La Plagne, on a assisté à une épreuve des Jeux olympiques en 1992, ça a sans doute été un déclencheur, se souvient Julien. Le ski, c'est comme tout : quand on a été touché étant gamin, on s'en rappelle toute sa vie."

Aujourd'hui, que dire aux jeunes skieurs qui rêvent du haut niveau ? "Champion ce n'est pas un métier. Ça ne va pas tomber tout seul dans la main, répond Julien. On laisse des candidats à chaque échelon : pour 100 skieurs au départ, il n'en reste qu'1 ou 2 à la fin. Ça demande des sacrifices et beaucoup d'heures d'entraînement. Mais pour y être arrivé, je dis que ça vaut largement le coup. Il faut croire en soi. Qu'on réussisse ou pas, l'important c'est de n'avoir aucun regret".

2 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  2. Yes, aucun regret !
    Tu as raison de t'être lancée Popo.
    Très agréable à lire, avec la petite touche personnelle qui relève le tout, comme une pincée de sel.
    Laurence

    RépondreSupprimer